Abstraite fractale colorée_AliexpressPOINTcom

 

Il la réveille. Il bande...

 

Il la réveille parce qu'en lui une sensation très plaisante picote, chatouille, s'insinue partout et... demande.

Il dort encore, pourtant le désir est là, palpable, alors même qu'alangui, lui dérive encore sur les océans de ses songes.

Quel est ce délicieux prodige ?!

Érection matinale – un réflexe à son insu pourrait-on dire – ou bien conséquence des caresses prodiguées à la femme allongée contre lui, à cet objet de ses désirs ? Est-ce l'effet provoqué par la paume de sa main, la pulpe de ses doigts, posées quelque part sur son corps de belle au bois dormant ? Comment le savoir.

 

 S'il fallait choisir, elle préfèrerait penser qu'il s'agit de la seconde proposition.

 

Impulsion de signaux qui remontent, filent, irradient le cerveau d'éclairs lumineux.

Les yeux de l'homme fermés encore, les brumes du sommeil deviennent volutes, les influx pétillent dans sa tête : douceur, courbes, sensualité, tendresse, animalité, chaleur familière ; souvenirs... plaisir... Désir !

 

Il bande... Il la réveille.

 

Il prend sa main et la guide vers cette partie de lui qui la réclame là. Cette main chaude, douce, parfois maladroite celle de la femme qui dort souvent à ses côtés depuis près d'un an qu'il aime sentir parcourir les histoires de sa peau, il la pose enfin sur son sexe tendu.

 

Elle le touche et ses doigts, machinalement, enserrent son membre ; le reconnaissent.

 

Il bande.

 

Les sens de l'à-peine éveillée reçoivent un message codé, une sorte de rébus érotique : fermeté, virilité, suavité, chaleur familière ; souvenirs... plaisir... Désir !

 

Elle émerge péniblement du brouillard de sa nuit, la main refermée autour du sexe de l'homme qui, le plus simplement du monde, lui rend une sorte d'hommage. Elle n'est pas encore vraiment là et sa main se meut d'elle même, de bas en haut, de haut en bas, sur le membre qu'elle étreint. Elle se rapproche... où est la peau de celui contre lequel elle aime s'éveiller ?...

 

Épiderme contre épiderme, sur la plus grande surface possible, leurs corps, doucement, épousent les contours l'un de l'autre.

Baisers... et leurs yeux qui finissent par s'ouvrir se sourient. La main de la femme, plus hardie maintenant, enserre plus fermement la peau tendue du sexe offert. Sa main va et vient dans un rythme océan. Ses doigts effleurent la surface lisse, douce, du gland ; explorent en totalité ces attributs du désir masculin dont la métamorphose affole ses sens.

 

Il bande...

 

La voici gourmande. Elle veut goûter de cet esquimau chaud sous la surface duquel palpite quelque chose de dense, d'insensé !

Mûe par une pulsion animale irrépressible, elle se penche soudain et sa bouche engloutit le sexe. Il est dur, épais, elle le caresse de sa langue. Elle ressent l'influx d'énergie qui prend possession du corps mâle. Elle aime ça. Des frissons la parcourent, d'abord doucement, puis comme autant d'infimes lames de fond. Désir... Plaisir de ce qui est. Désir de ce qui va prolonger cet instant suspendu dans la grâce.

 

Voici le moment où la femme rend à l'homme le bel hommage qu'il lui a tendu.