« Lanterne dans le couchant »
Harunobu Suzuki (1725-1770), vers 1769

Une plainte étouffée, une larme séchée.
Envie, désir, subtil et terrible délice
Tourmentent l'amante qui se veut humiliée
Et qui souhaite, toujours, boire au même calice.

Le nectar or et feu d'elle s'est emparé
Et depuis, à jamais assoiffée, au supplice
Elle n'a d'autres pensées que d'être utilisée
Par son seigneur, son maître, son amour et son vice.

Il viendra elle le sait, après, la détacher,
Lorsqu'elle aura vu l'autre, les yeux pâles et lisses,
Se raidir de jouissance, par l'homme chevauchée,
Et s'écrouler, comblée, au-delà de la lice.

Tel sera aujourd'hui le tribut à payer
Et toujours s'ensuivront de plus odieux sévices
D'autres cruels tourments pour chaque jour évaluer
Son fol amour pervers qu'elle appelle malice.